En 2023, l’Organisation de normes en santé (HSO) a recommandé un minimum de 4,1 heures de soins directs par résident chaque jour dans les établissements de soins de longue durée, dont 1,3 heure dispensée par des prestataires de soins infirmiers autorisés et 0,75 heure par des infirmières ou infirmiers immatriculés.
Nous demandons au gouvernement provincial de prendre les mesures nécessaires pour atteindre cette norme depuis bien avant 2023, par l’entremise de lettres, de rapports et de rencontres directes avec les dirigeants gouvernementaux.
À l’heure actuelle, les résidentes et résidents des foyers de soins du Nouveau-Brunswick reçoivent 3,09 heures de soins directs par jour. La province s’est engagée à investir 2,6 millions de dollars afin d’augmenter ce nombre de 0,1 heure à compter de janvier. Cela représente six minutes supplémentaires par résident chaque jour, ce qui laisse encore un écart de 0,8 heure par rapport à la norme de HSO. Les conséquences de cet écart se font sentir non seulement chez les infirmières et infirmiers, mais aussi chez les résidentes et résidents des foyers de soins ainsi que leurs familles.
Les infirmières et infirmiers comprennent la valeur d’un établissement disposant des ressources nécessaires. Pourquoi? Parce qu’un foyer de soins de longue durée est avant tout le domicile d’une personne âgée, l’endroit où elle vit jour et nuit pendant les dernières années de sa vie et où elle reçoit les soins supervisés dont les personnes vulnérables ont besoin et qu’elles méritent.
Lorsque les établissements de soins de longue durée manquent de ressources, comme c’est le cas aujourd’hui, il devient impossible de respecter de façon constante un niveau minimal de soins et de dignité pour les résidentes et résidents. Dans le même temps, la complexité des besoins médicaux continue d’augmenter. De plus en plus de personnes arrivent en soins de longue durée avec des comorbidités complexes, ce qui exige davantage de temps de la part du personnel autorisé et des professionnels de la santé. Chaque jour, nous entendons des infirmières et infirmiers nous dire que les normes qu’on leur demande de respecter deviennent impossibles à atteindre, parce que 3,3 heures de soins par jour, et encore moins 3,09 heures, ne suffisent pas pour assurer des soins adéquats et le soutien dont ils ont besoin.
Il y a quelques semaines, l’Association des foyers de soins du Nouveau-Brunswick s’est jointe à l’appel réclamant une augmentation du minimum à 4,1 heures de soins, demandant au gouvernement d’investir 117,5 millions de dollars sur cinq ans afin de permettre aux foyers de soins de disposer du personnel et des ressources nécessaires pour soutenir cette augmentation. Nous appuyons sans réserve cette demande.
Nous l’avons déjà dit : les soins que nous fournissons ne sont pas conditionnels. Les besoins en soins de personne ne fluctuent pas en fonction d’un budget déficitaire ou d’un cycle politique de quatre ans.
Voilà pourquoi il est essentiel d’investir dans les soins de longue durée, qu’il y ait un déficit budgétaire ou non.
Pourtant, nous devons constamment justifier la nécessité de nous donner les ressources requises pour tenir la promesse que le gouvernement a faite à la population néo-brunswickoise. Nous l’avons fait au moyen de lettres, de rencontres et d’efforts de représentation continus auprès des dirigeants gouvernementaux, et nous continuerons d’exiger des mesures concrètes. Tant que les soins de longue durée ne recevront pas la priorité et le respect qu’ils méritent, le système de santé du Nouveau-Brunswick demeurera en crise permanente.