CAMPBELLTON – Afin de réduire le recours coûteux au personnel infirmier d’agence, le SIINB et les employeurs ont conçu une initiative de redéploiement volontaire. Cette entente conjointe permet aux réseaux régionaux de santé de rechercher des infirmières et infirmiers qualifiés au Nouveau-Brunswick et de leur demander de se relocaliser temporairement dans un autre établissement de la province afin d’offrir des soins infirmiers spécialisés dans les secteurs touchés par des pénuries critiques. À titre d’exemple, Horizon a utilisé cette initiative avec succès à l’Hôpital régional de Miramichi.
L’élément central de cette entente est son caractère volontaire. Déshabiller Pierre pour habiller Paul n’est pas acceptable, surtout lorsque cela crée des enjeux de sécurité des deux côtés.
Nous avons appris que, le 18 octobre, Vitalité prévoit forcer certaines infirmières praticiennes de Dalhousie à abandonner leur pratique en soins primaires afin de travailler comme infirmières immatriculées au service des urgences de l’Hôpital régional de Campbellton.
Il s’agit d’un écart profondément préoccupant par rapport à l’initiative de redéploiement volontaire convenue lors des négociations, puisqu’une telle décision entraîne des risques inacceptables pour les patients des soins primaires. Lorsqu’une infirmière praticienne quitte sa pratique, la clôture ou s’y absente pour une période prolongée, elle doit prendre les mesures nécessaires pour réduire au minimum les répercussions sur ses patients, notamment en assurant la continuité des soins et l’accès à un autre fournisseur de soins de santé approprié.
Forcer ces infirmières praticiennes à abandonner leur clientèle sans leur accorder le temps nécessaire pour respecter leurs normes professionnelles est inapproprié et inacceptable. Les patients sont exposés à des risques importants et n’auront d’autre choix que de se tourner vers un service d’urgence déjà fortement épuisé dans la région.
La pénurie d’infirmières immatriculées à l’Hôpital régional de Campbellton n’est pas un problème nouveau. Depuis plusieurs années, cet établissement dépend largement du personnel infirmier d’agence pour maintenir ses services. Les dirigeants de cet établissement savaient qu’ils devraient trouver une autre solution lorsque le recours aux infirmières et infirmiers d’agence ne serait plus possible.
Il est inadmissible que Vitalité ait placé l’organisation elle-même, ses patients et ses clients, ainsi que ses précieuses infirmières, infirmiers et infirmières praticiennes, dans une situation d’urgence aussi prévisible. À Sainte-Anne-de-Kent, lorsque le service des urgences ne dispose pas d’un effectif suffisant pour fonctionner adéquatement, les patients sont redirigés vers Moncton. Ce n’est pas une solution parfaite, mais elle fonctionne et s’est révélée comporter beaucoup moins de risques pour les patients. Nous sommes donc forcés de nous demander pourquoi cette solution improvisée et mal conçue a été mise en place au lieu.
Il est tout aussi inconcevable que le ministre de la Santé et la première ministre affirment que les soins primaires sont essentiels, alors même que Vitalité a permis que sa mauvaise gestion de ses défis de dotation perturbe les soins primaires offerts aux résidents de la région de Campbellton et de Dalhousie.
En fin de compte, la mauvaise planification de Vitalité et son incapacité à collaborer avec les professionnelles et professionnels qui dispensent des soins de santé essentiels ont créé une situation d’urgence pour les patients, les clients, les infirmières immatriculées et les infirmières praticiennes. Une collaboration en avance sera toujours plus efficace que des décisions imposées à la dernière minute. La SIINB demande donc l’arrêt immédiat du redéploiement forcé et involontaire des infirmières praticiennes de Dalhousie vers Campbellton.
Paula Doucet
Présidente, Syndicat des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick
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Le Syndicat des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick (SIINB) est une organisation syndicale représentant environ 9 500 infirmières et infirmiers employés dans divers établissements de soins de santé partout dans la province du Nouveau-Brunswick.
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