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Le SIINB est atterré par l’explosion des dépenses attribuables aux infirmières et infirmiers d’agence

le 22 novembre 2025

Le SIINB a récemment demandé des renseignements sur les sommes que les deux régies régionales de la santé ont dépensées en 2022-2023 pour les infirmières et infirmiers d’agence. L’information reçue et les montants consacrés aux contrats avec des agences hors province qui fournissent du « personnel infirmier d’agence » étaient ahurissants.

D’octobre 2022 au 31 mars 2023, le Réseau de santé Horizon a dépensé 5,032 millions de dollars. Ce chiffre est monté en flèche au cours de la période de 5 mois entre le 1er avril 2023 et le 31 août 2023, le total atteignant 22,755 millions.

Au Réseau de santé Vitalité, les dépenses ont été plus importantes encore : de juillet 2022 au 31 mars 2023, la facture s’est élevée à 19,375 millions. Du 1er avril 2023 au 31 août 2023, un nouveau montant de 34,109 millions s’y est ajouté.

Si l’on additionne les montants dépensés dans les deux régies de santé entre le 1er avril 2023 et le 31 août 2023, les dépenses totales se chiffrent à 56,8 millions sur cette période de 5 mois.

Il n’est donc pas étonnant que le ministre des Finances, Ernie Steeves, ait annoncé récemment que le ministère de la Santé « devrait dépasser de 162 millions $ le montant prévu au budget en raison des coûts de fonctionnement et des coûts relatifs au personnel qui ont été plus élevés dans les régies régionales de la santé », quand on sait qu’il n’a fallu que 5 mois pour accumuler une dépense de 56,8 millions pour recruter des infirmières et infirmiers d’agence qui ne servent qu’à maintenir nos établissements de santé à flot.

« La population du Nouveau-Brunswick doit savoir que nous avons un grave problème de ressources humaines dans notre système de soins de santé, et le problème ne fait que s’accentuer lorsque notre gouvernement utilise l’argent des contribuables pour payer des agences privées de personnel infirmier à but lucratif pour combler les ressources insuffisantes dans notre système, et que cet argent des contribuables quitte en fait le Nouveau-Brunswick », a affirmé Paula Doucet, présidente du SIINB.

« Ici, au Nouveau-Brunswick, il y a de 18 à 24 mois, nous ne connaissions même pas qu’il existait des infirmières et infirmiers d’agence. Depuis des années maintenant, nous parlons de la nécessité de former davantage de personnel infirmier, d’en embaucher davantage et de maintenir en poste nos effectifs infirmiers d’expérience. Ces conseils n’ont trouvé aucun preneur jusqu’à ce que nous nous trouvions dans l’œil du cyclone. Aujourd’hui, nous n’avons d’autre choix que de faire appel à des infirmières et infirmiers d’agence pour que certains de nos hôpitaux puissent continuer à garder les portes ouvertes. »

Le coût horaire moyen d’une infirmière ou d’un infirmier d’agence s’élève à 142 $, sans compter qu’il faut également assumer les frais de déplacement, d’hébergement et d’immatriculation du personnel infirmier d’agence. Le salaire horaire moyen des infirmières et infirmiers en milieu de carrière au Nouveau-Brunswick n’est que de 45,67 $.

« Il faut mettre fin au recours aux agences de personnel infirmier, a ajouté Mme Doucet. Nous demandons au gouvernement de s’engager immédiatement à cesser de recourir au personnel infirmier d’agence d’ici la fin de 2025, à l’instar de notre voisin, le Québec. Le gouvernement devrait investir dans le maintien en poste des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick et le recrutement de personnel infirmier qui vit et travaille dans notre province, et non dépenser plus cher pour des infirmières et infirmiers d’agence temporaires. »

La population de la province mérite des soins de santé de qualité, des soins de santé financés par l’État; elle mérite que son gouvernement soit prudent avec l’argent des contribuables lorsqu’il fournit les services dont les gens de la province ont besoin.

« Notre gouvernement ne devrait pas accepter d’avoir recours à des agences privées à but lucratif, a conclu Mme Doucet. Pour un gouvernement qui se concentre sur l’optimisation des ressources, le fait de payer les infirmières et infirmiers d’agence trois fois plus que les infirmières et infirmiers salariés du Nouveau-Brunswick n’a aucun sens. Le recours à des contrats avec des agences privées à but lucratif n’est pas une solution et n’offre pas un bon rapport qualité-prix. C’est maintenant qu’il faut investir dans les infirmières et infirmiers et les soins de santé du Nouveau-Brunswick. »

Le Syndicat des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick (SIINB) est une organisation syndicale représentant environ 8 500 infirmières et infirmiers qui travaillent dans divers établissements de soins de santé au Nouveau-Brunswick.

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