• Opinion du SIINB

Célébrons le travail des femmes en cette JIF

le 6 mars 2026

Le 8 mars 2026 marque la 115e célébration de la Journée internationale des femmes (JIF). C’est une journée qui rend hommage aux réalisations des femmes à travers le monde et qui encourage les progrès continus dans les domaines où il reste encore beaucoup à faire.

La JIF porte une signification particulière pour le personnel infirmier. Les femmes représentant 95% de notre profession, c’est l’occasion d’honorer les leaders dont les actions ont façonné ce que nous sommes aujourd’hui.

En 1965, les infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick ont obtenu le droit de négocier collectivement : une victoire révolutionnaire à une époque où beaucoup pensaient qu’on ne pouvait pas mettre « infirmières et infirmiers » et « syndicat » dans une même phrase. Leur vision et leur courage ont ouvert la voie à tous les membres qui ont suivi. Nous leur rendons hommage en célébrant leurs réalisations, en nous engageant à perpétuer leur héritage et en faisant preuve de la même intrépidité dans notre propre travail.

Leur exemple nous rappelle également que la lutte pour l’équité est loin d’être terminée. Le personnel infirmier continue de subir des inégalités systémiques, parfois manifestes, parfois subtiles, qui nous rappellent que la lutte pour l’égalité de traitement est loin d’être terminée.

Les infirmières et infirmiers s’appuient sur des faits. Si certains affirment que les inégalités entre les professions à prédominance masculine et féminine ont pratiquement disparu, les faits montrent une réalité bien différente. La JIF n’est pas seulement l’occasion d’honorer les femmes qui nous ont amenés si loin, c’est aussi le moment de mettre en lumière les disparités qui persistent et d’appeler à des progrès qui restent urgents.


Fait : les pilotes, les camionneurs, les conducteurs de train et les ingénieurs nucléaires – toutes des professions à prédominance masculine – sont soumis à une législation qui limite leurs heures de travail consécutives dans l’intérêt de la sécurité publique.

Fait : les infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick peuvent être amenés à travailler jusqu’à 16 à 24 heures, voire plus en cas d’urgence. Les relais de plus de 16 heures restent courants dans toute la province, malgré les risques élevés associés à des horaires aussi longs.


Fait : au Canada, un avion commercial ne peut décoller sans au moins deux pilotes dans la cabine. La durée du vol? Peu importe, sauf pour les vols plus longs, qui nécessitent davantage de pilotes. Le nombre de passagers à bord ? Peu importe.

Même les compagnies aériennes, qui ont tout intérêt financièrement à maximiser le nombre de vols et de passagers, ne peuvent enfreindre cette règle.

Ce type de règles est logique pour toute profession où la sécurité est essentielle. Elles devraient être des priorités logiques pour un secteur qui prétend respecter et valoriser ses professionnels.

Fait : un·e seul·e II dans une maison de retraite est régulièrement responsable de la santé et de la sécurité de 30 résidents à la fois, dont la plupart ont besoin d’un niveau élevé de soutien et de soins. Pendant un relais de nuit, on peut être responsable de 100 résidents. La norme de soins à respecter ne change à aucun moment, même après 16 heures de travail (et au-delà).


Fait : depuis 2006, pour entrer n’importe où dans l’Assemblée législative du Nouveau-Brunswick, les visiteurs doivent passer par un détecteur de métaux et soumettre leurs effets personnels à une inspection pour des raisons de sécurité. Les armes et les explosifs sont confisqués au cours de ce processus.

Fait : on peut simplement franchir la porte pour entrer dans n’importe quel hôpital du Nouveau-Brunswick. Rien n’empêche quiconque d’entrer avec un couteau ou une arme à feu, même après l’agression au couteau à l’hôpital de Halifax ou l’incident à Saskatoon où un patient a apporté un fusil à canon scié aux urgences de l’hôpital St. Paul.


Ces faits ne racontent pas toute l’histoire. Mais ils révèlent une tendance constante au Nouveau-Brunswick et dans tout le Canada : les secteurs dominés par les hommes ont toujours bénéficié de structures fondées sur le privilège et la protection des hommes. Les secteurs dominés par les femmes n’ont pas bénéficié du même soutien bien établi.

La JIF est l’occasion d’aborder ce problème et de progresser vers une véritable équité. Pour les infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick, cela signifie fixer des limites sécuritaires aux heures de travail, légiférer sur les ratios personnel-patients et appliquer des mesures plus strictes pour prévenir et lutter contre la violence au travail.

En cette JIF, rendons hommage non seulement aux réalisations des femmes, mais aussi à l’urgence du travail qui nous attend. L’équité et l’égalité ne sont pas des slogans, ce sont des normes. Cette année, engageons-nous à célébrer, à reconnaître et à protéger les femmes comme elles le méritent, et à combler définitivement l’écart.

Paula Doucet
Présidente, Syndicat des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick