Au cours des dernières semaines, nous avons eu connaissance de nombreuses situations à l’Hôpital régional Dr Everett Chalmers, à Fredericton, qui sont des plus préoccupantes pour la sécurité des patients et du personnel infirmier.
Lorsque les infirmières et infirmiers éprouvent des problèmes qui enfreignent les politiques et les pratiques ou les empêchent d’honorer leurs obligations professionnelles, ils sont invités à remplir des rapports sur les conditions de travail. Entre décembre et début janvier, le personnel infirmier de l’Hôpital régional DEC a déposé plus de ces rapports qu’au cours des six derniers mois.
La semaine dernière, j’ai rencontré des infirmières et infirmiers de l’Hôpital régional Dr Everett Chalmers au cours d’une séance virtuelle pour entendre de première main les situations qu’ils ont vécues au cours des dernières semaines. Les descriptions que j’ai entendues au cours de cette réunion évoquaient des situations comparables à la prestation de soins de santé au tiers monde.
Comme la plupart le savent, les soins infirmiers sont très spécialisés : le personnel infirmier prodigue des soins de toutes sortes. La pénurie chronique de personnel exige de l’administration qu’elle s’active à trouver des solutions rapides. Il reste, à titre d’exemple, que l’administration ne peut pas « réaffecter » une infirmière ou un infirmier du travail et de l’accouchement au service d’urgence et s’attendre à ce que cette personne fournisse la même qualité de soins qu’une infirmière ou un infirmier chevronné et formé en soins urgents. J’ai été mise au courant de nombreux cas où le personnel infirmier, malgré le fait qu’il s’y oppose et affirme ne pas être en mesure de le faire, se voit confier des patientes et patients pour lesquels il n’a ni la formation ni les compétences.
Il n’y a rien de nouveau aux pénuries de personnel, mais le mépris flagrant des protocoles qui mettent les patients et le personnel infirmier en danger ne peut être toléré. Nos infirmières et infirmiers ne devraient pas avoir à composer avec ce genre de situations, et ce ne sont pas non plus des situations que les patientes et patients devraient avoir à endurer. De plus, de nombreux résidents et résidentes de la région se manifestent pour faire part de leurs expériences personnelles.
Cette semaine, les membres du syndicat de l’Hôpital régional Dr Everett Chalmers et la direction de l’hôpital se réuniront pour examiner ces rapports sur les conditions de travail. Nous espérons que cette rencontre permettra de faire la lumière sur ces situations désastreuses et d’aboutir à des solutions aux problèmes, mais les dirigeantes et dirigeants à tous les échelons doivent s’engager à opérer des changements concrets.
Nous exhortons le gouvernement à investir immédiatement dans des mesures pour pourvoir aux postes vacants afin de remédier aux pénuries de personnel et demandons à la régie de santé de faire tout ce qui est en son pouvoir pour s’assurer que ces situations ne se reproduisent plus. La population du Nouveau-Brunswick mérite mieux.
Maria Richard est vice-présidente du Syndicat des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick, un organisme syndical qui regroupe quelque 8 900 infirmières et infirmiers travaillant dans divers établissements de soins de santé du Nouveau-Brunswick.
- Opinion du SIINB
Assez, c’est assez
le 22 novembre 2025