L’utilisation d’employés occasionnels dans le secteur des foyers de soins au Nouveau Brunswick atteint des niveaux dangereux

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FREDERICTON – (Le 22 juillet 2020) – Le Syndicat des infirmières et infirmiers du Nouveau‑Brunswick (SIINB), qui représentent 6 900 infirmières et infirmiers immatriculés (II), et infirmières et infirmiers praticiens (IP) de la province, tire la sonnette d’alarme sur les niveaux dangereux d’utilisation d’employés occasionnels dans le secteur des soins de longue durée de la province.

« La pandémie de COVID-19 a attiré l’attention, à l’échelle nationale, sur ce qui arrive lorsque les foyers de soins ont constamment recours à des niveaux dangereux d’effectifs occasionnels, de dire la présidente du SIINB, Paula Doucet. Depuis des années, les II qui travaillent dans le secteur des foyers de soins du Nouveau‑Brunswick ont signalé ce problème qui continue de s’aggraver.  Avec la COVID-19, nous ne pouvons plus attendre. Ces niveaux d’effectifs occasionnels posent d’énormes risques à la sécurité des résidents. Il faut les aborder immédiatement. »

Dans deux rapports sur le secteur produits en 2017, l’Association des foyers de soins du Nouveau‑Brunswick (AFSNB) a décrit un grand nombre des problèmes liés aux niveaux accrus d’employés occasionnels dans les foyers de soins. Les administrateurs de foyers de soins ont souligné ce qui suit :

  • « Des emplois à temps plein et à temps partiel doivent être créés et comporter des heures prévues à l’horaire. Nous ne pourrons pas recruter des employés en offrant des heures de travail occasionnel sur appel. »
  • « 27 % des II travaillant dans le secteur des soins de longue durée au Nouveau‑Brunswick ont quitté leur emploi en 2017. »
  • « L’emploi occasionnel qui ne suscite pas un profond engagement de la part d’un employé et le partage d’employés avec d’autres employeurs sont devenus la norme pour les foyers de soins. »

Au moyen de demandes d’accès à l’information, le SIINB a obtenu les prévisions d’embauche de l’AFSNB pour 2019 qui montrent une absence perturbante de progrès sur cette question au fil des années. Selon les prévisions, les foyers de soins du Nouveau‑Brunswick s’attendaient à pourvoir 170 de leurs 224 postes vacants par une main‑d’œuvre occasionnelle sans garantie.

Des 51 postes d’II qui seraient disponibles en 2019, les foyers de soins prévoyaient faire seulement neuf offres permanentes aux candidats et candidates, ce qui représente 18 % des postes; 82 % des postes affichés seraient pourvus par des heures de travail occasionnel.

« Ces données constituent un refus incompréhensible de la part des employeurs des foyers de soins de tenir compte des résultats des rapports de leur propre Association, de souligner Paula Doucet. Il est urgent, en tant que province, que nous comprenions les risques énormes de maintenir une main‑d’œuvre des foyers de soins qui travaillent principalement des heures occasionnelles. D’autres provinces, comme le Québec, ont déjà tiré des leçons de leur horreur. Même aujourd’hui, le Nouveau‑Brunswick a encore le temps d’atténuer ces risques, mais il faut agir maintenant. »

D’autres intervenants, tels Dre Deborah van den Hoonaard, professeur émérite de gérontologie à l’Université St. Thomas, ont critiqué ces tendances et s’inquiètent aussi des dangers qu’ils posent à la sécurité et au mieux‑être des aînés les plus vulnérables au Nouveau‑Brunswick.

« Le manque de fonds dans le système des soins de longue durée a donné lieu au travail occasionnel et à temps partiel, de dire Dre van den Hoonaard. Ces emplois précaires et mal rétribués doivent être remplacés par des emplois stables à temps plein bien rémunérés qui permettent aux infirmières et infirmiers immatriculés, et aux autres travailleurs de la santé d’offrir des soins réels aux résidents, y compris créer des liens réels avec eux, et qui reconnaissent les compétences liées au travail. »

Les niveaux dangereux d’effectifs occasionnels sont un des nombreux problèmes que le SIINB discutera avec le Bureau du défenseur des aînés du Nouveau‑Brunswick au cours des prochaines semaines. Dernièrement, le SIINB a demandé au Bureau du défenseur des aînés d’effectuer une enquête approfondie sur le nombre d’heures de soins offerts dans les foyers de soins à but lucratif du Nouveau‑Brunswick.

En plus de ces nouvelles données préoccupantes sur les effectifs occasionnels, le SIINB a mené, pendant deux ans, une enquête approfondie sur les foyers de soins du Nouveau‑Brunswick. Le rapport de l’enquête intitulé La génération oubliée sera dévoilé en septembre. Il contient 39 recommandations visant à aborder les conditions dangereuses dans le secteur des soins de longue durée au Nouveau‑Brunswick.

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Jeff Hull
Agent de recherche
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