À l’approche de la présentation du budget provincial, il est utile de faire le point sur les véritables priorités du Nouveau-Brunswick. À cette période de l’année, tous les regards se tournent vers le gouvernement pour voir si ses engagements financiers correspondent aux besoins de la population qu’il sert, et cela n’est nulle part plus crucial que dans notre système de santé.
Les professionnels de la santé, qu’il s’agisse du personnel infirmier, de médecins ou de tout autre professionnel de la santé hautement qualifié, apprécient sincèrement quand les engagements financiers du gouvernement correspondent à l’engagement sans faille dont ils font preuve dans leur travail. Comme professionnels de la santé, nous voulons que le gouvernement nous soutienne contre vents et marées, car c’est exactement ce que nous faisons pour nos patients, nos clients et nos résidents 365 jours par an.
Les soins que nous fournissons sont inconditionnels. Nous savons que votre santé personnelle ne fluctue pas en fonction du budget déficitaire de qui que ce soit ou d’un cycle politique de quatre ans. Il en va de même pour votre droit à des soins de santé financés et fournis par l’État et pour notre responsabilité professionnelle.
C’est pourquoi il est essentiel d’investir dans les soins de santé, qu’il y ait ou non un déficit budgétaire.
Une conversation réaliste sur les finances publiques est-elle nécessaire? Absolument. Sur ce point, nous sommes tout à fait d’accord avec la Société médicale du Nouveau-Brunswick, qui a souligné dans son éditorial de décembre 2025 que la responsabilité financière ne peut se faire au détriment des services publics essentiels. Comme elle l’a si bien dit :
Si la responsabilité financière est cruciale, il est tout aussi important de reconnaître qu’il existe des situations où le déficit est non seulement raisonnable, mais nécessaire pour garantir que les services publics essentiels, tels que les soins de santé, restent accessibles et efficaces. Les soins de santé ne sont pas une dépense discrétionnaire, mais un service public fondamental.
Leur position reflète exactement ce que nous avons toujours dit : une budgétisation responsable doit inclure un investissement responsable dans le système de santé. L’austérité n’est pas une solution pour remédier à des années de sous-financement institutionnel.
Les années d’inaction en matière d’investissements significatifs dans les ressources humaines, les infrastructures, la technologie et les initiatives de soins de santé préventifs commencent vraiment à se faire sentir. Il suffit de demander aux personnes qui ont été admises à l’entrée des ambulances de l’hôpital régional Dr Everett Chalmers, ou à l’une des centaines de personnes âgées du Nouveau-Brunswick qui se trouvent dans des lits d’hôpital, sans que ce soit de leur faute, en attendant une place dans un foyer de soins.
Nous avons toujours dit que ces circonstances sont le résultat de décennies de négligence. Pour reconstruire un système solide, il faut inverser complètement cette tendance.
Au début de février, afin de lancer les consultations prébudgétaires, la province a publié un document de travail intitulé Décisions difficiles. Ce document présente une série d’idées que le gouvernement envisage pour réduire les coûts et augmenter les recettes.
S’ils veulent vraiment réduire les coûts, le ministre des Finances et la première ministre devront prendre une décision vraiment difficile : investir dans des initiatives de soins de santé en amont et proactives qui ne rapporteront pas nécessairement des gains politiques immédiats. Il s’agit d’investissements qui commenceront à porter leurs fruits dans une génération, et pas seulement au cours d’un cycle électoral de quatre ans.
Ces décisions pourraient inclure :
- La signature d’un accord avec le gouvernement fédéral pour accorder des prestations universelles d’assurance-médicaments aux Néo-Brunswickois·es, améliorant ainsi l’adhésion aux médicaments et l’accès aux soins ;
- L’élargissement des soins à domicile et des soutiens communautaires afin de permettre à davantage de personnes âgées de vieillir chez elles ;
- Reconnaître l’importance de la santé mentale et physique des enfants en mettant en place du personnel infirmier dans les écoles afin de prendre en charge de manière proactive ceux à risque ; et
- Étendre les initiatives de soins de santé préventifs afin de favoriser un mode de vie actif, de prévenir l’obésité, d’aider à arrêter de fumer et de s’attaquer aux déterminants sociaux de la santé.
Si le gouvernement souhaite sincèrement réduire les coûts, il devra faire ces choix difficiles dès maintenant, sachant que leur impact se fera sentir dans 20 ans. Sinon, la demande en soins actifs ne fera qu’augmenter, tout comme leur coût. Les Néo-Brunswickois·es méritent un engagement à long terme pour un avenir plus sain et plus durable.